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Archive for octobre 2011

Frederic Encel, maître de conférences en géopolitique à l’Institut Français de Géopolitique et à Sciences Po Paris, professeur de relations internationales à l’ESG-Paris et consultant en risques-pays travaille sur la géopolitique du Moyen Orient et plus spécifiquement sur celle d’Israël. Son dernier ouvrage paru en 2011 aux Points Seuil Essai s’intitule Comprendre la géopolitique. Un autre ouvrage, co-écrit avec François Thual et intitulé Géopolitique d’Israël est paru à la même date et chez le même éditeur.

Il est également possible de voir la bibliographie complète de Frédéric Encel sur le site : http://www.fredericencel.org

1)      Quel est votre parcours et comment en êtes vous venu  à prendre Israël comme objet d’étude ? Sur quoi portent vos recherches actuellement ?

Lettres sup, Sciences-Po, DEA, doctorat et HDR de géopolitique avec Yves Lacoste. Mais c’est la géopolitique, l’histoire militaire, les relations internationales qui me passionnent, davantage qu’une région en particulier. Cela dit le proche-orient et Israël constituent de très bons terrains lorsqu’on entretient ces passions…

2)      En quoi l’approche géopolitique est elle capable d’apporter un regard et des clés de compréhension sur le monde ?

C’est une méthode d’analyse efficace pour mieux comprendre les conflits. à condition bien entendu qu’on lui confère une véritable épaisseur, une cohérence intellectuelle. à cet égard, je crois – en fidèle disciple – que la démarche « lacostienne », avec notamment la méthode des représentations, est à la fois novatrice et très utile. La prise en compte rationnelle des rapports de force ou encore l’étude primordiale des caractéristiques géographiques participent aussi de cette discipline renaissante.

3)      Quelle place tient la géopolitique dans le champ des sciences sociales françaises ?

Secondaire hélas. Dans les commissions spécialistes comme au CNRS, elle n’existe tout simplement pas. Comment s’en étonner puisqu’en France – a contrario de ce qui se passe chez tous nos voisins et au-delà – même la discipline relations internationales n’est que très difficilement admise comme telle ! Sans doute la grande concentration jacobine et républicaine des affaires étrangères (avec la prépondérance du quai d’orsay) explique-t-elle pour partie ce phénomène.

4)      Quels sont les particularités du conflit israélo-palestinien soulignées par l’approche géopolitique ?

Exiguïté et proximité de frontières multiples, interpénétration de populations antagonistes, instrumentalisation excessive du religieux au profit du politique, et surtout puissance de fortes représentations ancrées sur des « temps longs braudéliens »… ces particularités existent ailleurs, mais au Proche-Orient elles me semblent exacerbées.

5)      Quelle place tient l’approche théorique militaire dans vos recherches ?

Assez faible car le conflit israélo-palestinien ne relève pas de la chose militaire. Si la dimension inter-étatique de la rivalité israélo-arabe devait prévaloir à nouveau – avec le retour aux confits classiques des Six-Jours ou du Kippour – je travaillerais sans doute davantage les tactiques et stratégies liées aux territoires (Sinaï, Golan, Liban, etc.). seule possibilité un peu nouvelle de travailler sur ces aspects ; une éventuelle confrontation avec l’Iran. mais dans ce cas la question dépassera très largement l’état juif…

6)      Quelle place tient la géopolitique dans l’enseignement à science-po ?

A ma connaissance, je suis le seul maître de conférences de sciences-po à avoir intitulé l’un de ses enseignements « géopolitique de… ». à vérifier tout de même. Mais des cours de questions internationales sont dispensés sous différentes appellations.

7)      Comment voyez- vous votre rôle de chercheur et de citoyen ?

Comme relativement imbriqué. Je ne conçois pas de distinguer de façon absolue mes convictions citoyennes – attachement aux droits de l’homme et à l’égalité de la femme, par exemple – et mes recherches géopolitiques. dans mon modeste traité (comprendre la géopolitique, seuil, 2011), j’en appelle ainsi à une troisième voie géopolitique, entre celle du cynisme et celle de l’angélisme.
Tout chercheur qu’on est, on demeure porteur de représentations et de convictions ; au fond, ce qui importe est moins l’inatteignable et fantasmé objectivité que l’honnêteté intellectuelle. Tel est mon credo.

Bibliographie proposée par M. Encel

Julien Gracq, Le rivage des syrtes, Jose Corti, 1989, 321 p.  Pour les représentations (entre autre !)

Dino Buzzati, Le désert des tartares, 1940, trad. fr. 1949. Pour les notions d’espace et de temps.

Rachid Mimouni, Une peine à vivre, 1983. Pour comprendre notamment – mais pas seulement – qui était Kadhafi.
En termes de géopolitique, il va de soi que Sun Tsé, Clausewitz et à l’évidence le préambule du Dictionnaire géopolitique d’Yves Lacoste sont difficilement contournables. et tant d’autres !
Sur Israël enfin, suivez mon regard…

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L’approche en « dix leçons » proposée par Filiu se veut le regard d’un historien cherchant à poser sur les bouleversements régionaux du monde arabe une analyse dont la profondeur évite les opinions trop rapides et réductrices que l’on peut se faire dans tout suivi à distance d’une actualité brulante. Comme il l’exprime dans son introduction, « un historien pourrait juger plus sage d’attendre la stabilisation de la nouvelle donne avant de s’aventurer à l’analyser ou à l’interpréter ». Mais pourtant, un éventail s’est ouvert, laissant échapper des volutes « d’expériences et de données » qui dévoilaient dans leur immédiateté un ensemble de transformations régionales et internationales héritées notamment du 11 septembre 2001 et qui se devaient d’être transmises.

Une véritable union arabe ne fut réalisée qu’aux premiers temps de l’Islam

Y a-t-il un Autre arabe, Oriental ? A cette question, l’auteur cherche à briser une représentation occidentale voyant un monde arabe unifié, lascif, et subissant pour son plus grand bien la dictature d’un leader éclairé. Pourtant, une véritable union arabe ne fut réalisée qu’aux premiers temps de l’Islam, avec l’extension du Djihad. La tentative de la constitution de la Ligue Arabe en 1945 démontre bien l’échec de la tentative d’unification : les rivalités entre Etats-nations ont pris le pas sur une pseudo identité collective, tout en étant complètement connecté aux rivalités de pouvoir à des échelles plus vastes. L’allégeance de l’Egypte à l’URSS et celle de l’Arabie Saoudite aux USA, le traité de paix Egypte-Israël de 1979 sont autant d’exemples de la primauté des intérêts nationaux.

Le début des années 90 marque la chute de l’URSS, avec comme conséquences de nombreux bouleversements chez ses anciens alliés. La première de ces conséquences est l’aspiration démocratique. Des élections libres avec instauration du multipartisme sont organisées en Algérie. Mais, la victoire des islamistes du Front Islamique du Salut conduisit à la contestation du scrutin, et à l’intervention de l’armée, craignant une dérive islamiste et autoritaire du pays. La guerre civile qui s’ensuivit fit plusieurs milliers de morts. En Jordanie, des élections libres furent organisés en 1989 grâce à la pression des chefs tribaux dans le sud du pays. Encore une fois, la peur islamiste amena à l’exclusion des Frères Musulmans de la scène politique du pays. Dernier exemple, en Irak. De grands soulèvements populaires eurent lieux, dans les provinces chiites du sud et dans celles kurdes du nord en 1991. Celles-furent violement réprimés par Saddam Hussein, sans aucune réaction des troupes américaines pourtant présentes (on est au lendemain de la guerre du Golfe). Le président Bush déclara qu’une déstabilisation de l’Irak par des mouvements chiites n’aurait un intérêt que pour l’Iran, et ses avatars islamistes. Mieux valait la répression du mouvement populaire qu’un bouleversement politique d’un pays qui se serait forcément tourné vers l’islamisme radical. Un statu quo régional se met en place au sortir des années 90 qui n’est pas issu d’une approbation passive par les populations arabes, mais qui est plutôt la résultante de la prise du pouvoir par des groupes politiques et militaires avec l’aval des puissances occidentales, et qui ont pu écraser les soulèvements populaires et asseoir leur domination interne sous le prétexte de la lutte contre l’islamisme.

Un soulèvement exceptionnel dans sa rapidité

Le soulèvement tunisien de décembre-janvier 2011 n’est pas un phénomène nouveau, mais plutôt le résultat d’une longue lutte de refus des dictatures. La géographie du soulèvement tunisien, du sud du pays aux populations pauvres mais hostiles au pouvoir vers les côtes et ses classes moyennes, exprime bien l’idée que la révolution ne part pas d’un lieu au hasard, n’est pas un fait exceptionnel. Ce qu’exprime par contre Filiu, c’est que c’est la rapidité du soulèvement qui est exceptionnel.

S’il est un signe fort dans ces soulèvements, signe que l’on retrouve moins aujourd’hui alors que l’on est rentré dans la phase politique proprement dite, c’est l’absence de références à la religion. L’objectif des révolutions est clairement de se libérer d’une clique corrompue et de retrouver le contrôle de la destinée de la nation. Il est intéressant de noter que les critiques contre les mouvements proviennent surtout de la bureaucratie religieuse des régimes, qui brandissent l’Islam comme Loi à laquelle doivent se plier les manifestants. Leur grande crainte est en effet leur perte d’influence et de pouvoir sur la population au travers un mouvement qui leur échappe. Et cette aspiration à l’émancipation est principalement le fait des chebab, les jeunes, à la pointe des manifestations que ce soit en Egypte, en Syrie, en Tunisie, au Yemen. Un contexte démographique tout d’abord : 60% de la population des pays arabes à moins de 25 ans. Ces jeunes subissent un chômage massif malgré une éducation souvent meilleure que celle de leurs ainés, et subissent la violence de la police et de l’ordre étatique. Filiu exprime l’idée qu’à une « solidarité arabe qui bloque par le haut », celle-ci grandit par le bas, par ces jeunes, qui se retrouvent dans une langue arabe commune et dans l’appropriation de l’explosion des divertissements de masses et des réseaux sociaux. Dans leur contestation, des artistes se font le relais de ces jeunes, aux travers des hymnes qui permettent le développement d’un « mouvement transnational d’identification au mouvement arabe », comme l’a pu l’être la génération 68 à son époque. Pourtant, localement, l’action reste le principal moteur de la révolution. Internet ou les téléphones portables, qui permettent la communication, la mobilisation sont des éléments essentiels du sentiment collectif, mais ils ne sont que des nouveaux outils dans une boite à outils des révolutions. La clé reste l’organisation, dont la spécificité de ce printemps semble être la dynamique acéphale.

Comment surmonter l’hétérogénéité du mouvement ?

Deux piliers participaient au maintien des régimes arabes. Le premier était l’Etat au service des dirigeants, et le poids énorme du Parti dans les domaines du pouvoir, de l’économie, de la société. Le second pilier est l’importance des services de sécurité, agressifs, omniprésents, et intouchables. A ces deux piliers, la révolution a su opposer un modèle pacifique, cherchant à mettre en place des comités de transition hors des rivalités politiques. L’absence de leader a été une condition de survie pour les activistes. De réelles stratégies de réseautage de militants, de planification des lieux de grèves, de dispersion a été mis en place, révélant une habilité tactique réelle des militants permettant le succès du 25 janvier, du 06 avril, … . La brochure de Gene Sharp, « De la dictature à la démocratie », écrite initialement pour accompagner la contestation contre Suharto en Indonésie, semble avoir eu un réel écho chez les militants. De ces stratégies, une typologie des mouvements suivant les pays peut ressortir. En Tunisie, le mouvement part de la périphérie vers le centre, avec des chefs lieux de province gagnés tour à tour par la violence, bien avant la capitale. En Egypte, le mouvement part de l’occupation du cœur de la capitale, la place Tarhir, avec une extension des troubles au reste du pays. Dans chacun des pays concernés, il est nécessaire d’observer les acteurs qui émergent des contestations. Ceux-ci sont en effet différents selon les pays. A l’importance du syndicat des travailleurs, l’UGTT, en Tunisie, se sont plutôt les chefs de tribus en Jordanie qui sont à la base de la contestation et qui font plier le roi Abdallah II, plutôt que les partis d’opposition ou les syndicats. De la même manière en Libye, le rôle important des tribus Warfalla et Zuwaya dans l’insurrection. A l’absence de leader favorable aux premiers soulèvements, l’exemple libyen illustre pourtant bien la faiblesse de ces mouvements hétérogènes en cas d’insurrection armée. La violence et la cohérence d’une puissance de feu peut entrainer la défaillance de l’esprit pluraliste de la résistance. Et c’est là toute l’ambigüité des révolutionnaires : la crainte de la perte de l’âme du soulèvement par la militarisation. Ambigüité sur laquelle les dictateurs ont longtemps réussi à jouer : semer le chaos pour réimposer l’ordre et se poser comme uniques barrages aux dérives radicales. A cet ordre immuable, la démocratie apparaît comme la seule alternative. A condition qu’on lui laisse la marge suffisante d’exercice de sa souveraineté.

Et c’est là qu’apparaît la question de la religion : quelle place pour l’Islam politique dans la démocratie ? Derrière cette question, apparaît l’enjeu que représentent les Frères Musulmans dans l’espace politique arabe. Confrérie fondé en Egypte en 1928 par Hassan al-Banna, l’ambition initiale était la formation d’un mouvement de masse et non plus élitiste visant à une régénération spirituelle et à une lutte anticoloniale. Un mouvement d’islamisme moderniste qui fut très largement marginalisé et montré comme une menace jusqu’aux révolutions de 2011. Le caractère très spontané de ces mouvements pris de court les Frères, tout comme son hétérogénéité : des querelles internes entre les jeunes en colère et les tenants du salafisme, soumis à la bureaucratie religieuse, divisent la confrérie.

Les élections qui se mettent en place seront elles la continuité de cette Nahda du XXIème siècle ?

Al-Qaïda, la question palestinienne, la place de la religion, les enjeux sociaux à l’origine des révolutions, sont tant de problématiques participants à la multitude de bouleversements induits par le « printemps arabe ». Les élections qui se mettent en place seront elles la continuité de cette Nahda du XXIème siècle ? En tout cas, des tendances, que l’on dit souvent lourdes, sont perceptibles : l’importance des frontières nationales comme cadre de référence des révolutionnaires, ou la remise en cause des chimères géopolitiques associées au monde arabe (le mythe du croissant chiite). En titrant la révolution arabe au singulier, Jean-Pierre Filiu cherche à exprimer l’idée d’un mouvement global de contestation, fondamentalement moderniste, comme l’avait connu la région à la fin du XIXème siècle. Et si les défis politiques sont immenses, les défis de la réalité le sont d’autant plus. Alors que les inquiétudes se portent sur la place de la religion dans ces futures démocraties, il ne faut pas oublier que ce sont des problématiques sociales et économiques qui ont conduit aux soulèvements populaires. Les stratégies politiques de chacun, stratégies de l’armée, des classes moyennes, des anciens cadres du parti du dictateur, des tribus, se trouvent réorganisés par les soulèvements et leurs conséquences. Il sera maintenant nécessaire de voir de quelle manière les aspirations sociales trouveront des échos concrets dans l‘espace politique.

(Possibilité d’obtenir cet article au format PDF en envoyant votre demande par mail à : lerecitconcordant@gmail.com)

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Avec Henry Laurens et Hamit Bozarslan, animé par Emmanuel Laurentin

Henry Laurens est professeur au Collège de France  tenant la chaire « d’Histoire contemporaine du monde arabe » depuis 2003. Son dernier ouvrage est sorti en 2011 et s’intitule La Question de Palestine, tome 4: Le rameau d’olivier et le fusil du combattant (1967-1982).

Hamit Bozerslan est directeur d’études à l’Ehess et travaille sur la Turquie contemporaine. Son dernier ouvrage, paru en 2011 coécrit avec  gilles Bataillon et Christophe Jaffrelot, s’intitule Passions révolutionnaires : Amérique latine, Moyen-Orient, Inde.

Emmanuel Laurentin anime sur France Culture, La fabrique de l’Histoire, du Lundi au Vendredi de 9h05 à 10h. Il a également dirigé, pour les dix ans de son émission l’ouvrage intitulé A quoi sert l’histoire aujourd’hui ? paru en 2010 et dans lequel cette question est posée à une quarantaine d’historiens.

 

Emmanuel Laurentin débute le débat en posant la question de savoir s’il existe un hiatus entre la connaissance qu’ont les intervenants des révolutions arabes et ce qui en a été rapporté par les médias.

Henry Laurens estime que la notion de révolution revêt beaucoup de sens et notamment celui du changement du pouvoir. Or, dans la culture musulmane sunnite, qui s’avère être celle la mieux connue de l’Occident, le pouvoir est un régulateur de la loi islamique. En ce sens, une révolution est légitime lorsqu’il s’agit de renverser un pouvoir qui ne respecte pas cette loi. En l’occurrence, pour ces révolutions de 2011, il s’agit de mettre un terme au bafouage de la dignité des personnes par un pouvoir injuste. A ce titre, il ne s’agit pas du même monde de pensée que celui des Lumières européennes pour qui la légitimité de la Révolution venait de l’aspiration aux libertés plus que de la justice. Et en effet, la révolution avait le monopole de l’Occident au XIXe siècle tandis qu’au XXe siècle, la notion de révolution se mondialise (1905 la révolution Persane ; 1908 la révolution des Jeunes Turcs ; 1911 la révolution chinoise).

Hamit Bozerslan se situe sur un temps plus court allant de 1979 à 2011 durant lequel des cycles historiques naissent en Orient avec comme point de départ la Révolution Iranienne de 1979. Après chaque fin de cycle, des attentes démocratiques émergent. En 1989 après la fin de la guerre Iran/Irak et celle d’Afghanistan et à la veille du 11 Septembre 2001, la démocratie était attendue. Le modèle des vieilles aristocraties ne pouvait plus créer de légitimité et négligeait l’armée qui attirait les populations défavorisées à l’exemple de Nasser. La contestation des années cinquante était l’apanage de la gauche dont étaient composées l’armée et la sphère intellectuelle dominante de l’époque. Cependant la Révolution de 1979 a changé le modèle révolutionnaire. En effet, à cette date, les accords du Camp David mettent fin au socialisme de type nassérien et la révolution iranienne fait émerger un nouveau temps eschatologique et ouvre un horizon de délivrance. Les intellectuels de gauche ont alors gardé le silence pour ne reprendre la parole qu’à l’aube des années 2000.

Henry Laurens poursuit en précisant que les révolutions actuelles se font à l’opposé des anciennes. On assiste au refus de l’émergence de personnalités fortes et on insiste davantage sur le débat tout en refusant l’unanimisme qui a caractérisé les révolutions précédentes. Il y a également eu, durant un temps, abstraction faite d’Israël et le fait que le drapeau des Etats-Unis n’ait pas été brûlé. Les révolutions de 2011 furent nationales mais non anti-impérialistes comme avant.

La remise en perspective d’un temps long de la poussée révolutionnaire durant le XXe siècle dans les pays arabes est le principal atout de ce débat. Néanmoins, il est dommage que les spécificités nationales n’aient pas été évoquées. En ce sens, il est plus honnête de parler « des révolutions arabes » que de «  la révolution arabe »

 

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